Figures enfantines, animales et autobiographiques cohabitent dans une peinture aux apparences polies. Ce théâtre aux atours apparemment lisses met pourtant en scène une innocence brute, des instincts purs qui n’ont pas encore été façonnés ou émoussés.

La façon de travailler l’aquarelle contrecarre la perfection du décor.
La transparence peut en donner l’illusion. Les jus qui tantôt voilent ou dévoilent les figures brouillent la lisibilité de la scène. Délavages, taches, dessins en réserve sont autant de procédures qui altèrent les formes et infléchissent la trame narrative.
Les références culturelles variées participent du même procédé en mettant à mal toute unité de temps ou de lieu.

Le brouillage des frontières touche aussi l’espace de la peinture, conçu comme un espace ouvert ; la narration ne demande qu’à continuer hors champ et tend même dernièrement à contaminer l’espace environnant.
La plasticité du papier permet de faire évoluer mon travail vers le volume.
Le support de la peinture devient patron d’une forme à potentiellement construire.